Loisirs

À Rennes, le festival Marmaille ose les sujets difficiles pour le jeune public

Porté par Lillico, Marmaille défend des spectacles pour enfants qui abordent la colère, la peur ou l’absence sans renoncer au jeu. Sa 34e édition, programmée du 14 au 20 octobre 2026, l’illustrait avec Rouge Courroux, Santa Park et U.

Maëlle Quinquis Par Maëlle Quinquis
4 min de lecture
À Rennes, le festival Marmaille ose les sujets difficiles pour le jeune public
Une marionnette sur un petit théâtre. Le festival Marmaille, à Rennes, défend des spectacles jeune public qui prennent l’enfance au sérieux.

En bref

  • Sa 34e édition était programmée du 14 au 20 octobre 2026.
  • Cette lecture féministe traite d’émancipation et de consentement sous une forme adaptée aux jeunes spectateurs, portée sur scène par une comédienne et une musicienne.
  • La programmation complète, les horaires et la billetterie du festival sont réunis sur le site internet de Lillico Jeune Public.

Porté par Lillico, le festival Marmaille rassemble à Rennes, dans sa métropole et dans plusieurs communes d’Ille-et-Vilaine des spectacles pensés pour les enfants et les adolescents. Sa 34e édition était programmée du 14 au 20 octobre 2026. La présentation d’Unidivers Rennes en a saisi l’esprit à travers trois créations, qui disent bien ce que le festival attend d’un spectacle pour le jeune public.

Une création jeune public qui ne fuit pas les sujets difficiles

L’idée défendue par Marmaille tient en une conviction : l’enfance n’a pas à se nourrir uniquement de récits sages. Elle connaît aussi la colère, la peur, les différences et le désir de comprendre le monde. Le festival revendique donc une création pour la jeunesse qui aborde sans crainte les questions de société, les émotions complexes et des expériences artistiques surprenantes.

Unidivers résume cette ligne par des spectacles qui traitent les jeunes spectateurs avec sérieux, sans sacrifier le jeu, l’humour ni l’effet de surprise.

Une vingtaine de lieux et un large éventail de disciplines

Pour cette 34e édition, la programmation s’étendait à une vingtaine de lieux partenaires : des théâtres, des équipements culturels et des espaces de proximité. La danse, le théâtre, la musique, les arts visuels et les formes immersives s’y côtoyaient, dans un parcours destiné aussi bien aux tout-petits qu’aux adolescents.

Le festival ne s’en tenait pas au théâtre : installations participatives, spectacles musicaux, manipulation d’objets et cinéma d’animation faisaient aussi partie du programme. Certaines propositions ouvraient un univers imaginaire, d’autres abordaient des sujets sensibles ou misaient sur une expérience collective et sensorielle.

Investir plusieurs équipements de Rennes et de ses environs permet aussi de faire circuler la création hors des salles habituelles. Selon Unidivers, c’est une manière de rapprocher artistes, familles et lieux de vie, et de donner à voir la variété des écritures actuelles destinées à la jeunesse.

Rouge Courroux, le Petit Chaperon rouge en colère

Première création retenue par Unidivers, Rouge Courroux, signé par la compagnie bretonne Les Becs Verseurs, propose une relecture du Petit Chaperon rouge. Ce théâtre musical, conçu pour les enfants dès 4 ans, fait de son héroïne une figure qui refuse le chemin tout tracé des récits classiques : la colère y devient une force, un moyen de s’affirmer et de se faire entendre.

Un rideau de théâtre rouge fermé devant la scène d’une salle de spectacle
Le rideau rouge d’une salle de spectacle. Marmaille, porté par Lillico à Rennes, programme des créations jeune public qui abordent la colère, la peur ou l’absence. Photo : Wounds_and_Cracks / Pixabay

Cette lecture féministe traite d’émancipation et de consentement sous une forme adaptée aux jeunes spectateurs, portée sur scène par une comédienne et une musicienne. Pour Unidivers, elle montre qu’un spectacle pour enfants peut ouvrir la discussion dès le plus jeune âge. Il était programmé le 14 octobre 2026 au Théâtre l’Aire Libre de Saint-Jacques-de-la-Lande.

Santa Park, apprivoiser la peur

Avec Santa Park, Ambre Kahan et la compagnie Get Out entraînent les spectateurs, dès 8 ans, dans un monde entre fantastique et conte sombre : une forêt brûlée, un parc d’attractions déserté, et deux enfants qui y côtoient un curieux gardien. Ils chantent, dansent et s’amusent à se faire peur, dans une esthétique qui emprunte au cinéma fantastique et dont les références rappellent notamment Tim Burton.

Derrière les frissons, la pièce interroge le rôle de la peur chez l’enfant : pourquoi on aime parfois avoir peur, et comment distinguer les peurs qui bloquent de celles qui nourrissent l’imaginaire. Elle aborde aussi la mort, les rituels et la façon dont les vivants font face à l’absence. Elle était présentée à Rennes, dans la salle Guy Ropartz de Lillico, le 14 octobre 2026.

U, entre théâtre et danse

Troisième création, U, d’Enora Boëlle et de la compagnie Mauvais Garçon, privilégie le mouvement, les sensations et la matière plutôt que l’histoire. Destinée aux enfants dès 4 ans, elle associe théâtre et danse et invite le jeune public à regarder, à ressentir et à participer à sa guise. Deux interprètes y évoluent parmi des matériaux simples, qui composent peu à peu un paysage vivant.

Le spectacle n’impose pas de lecture unique : il fait confiance à l’intuition et à l’interprétation de chacun, comme une aire de jeu où l’on explore sans devoir tout expliquer. Il était joué à Rennes, dans la Maison de quartier La Bellangerais, les 14 et 15 octobre 2026.

Ce que défend Marmaille

Ces trois créations partagent une même ambition, selon Unidivers : voir dans les enfants un public à part entière, capable d’être étonné, interpellé et ému par des formes artistiques variées. Le festival en tire une idée simple : plutôt que des spectacles qui rapetissent le monde à leur mesure, les enfants ont besoin d’œuvres qui les laissent l’explorer à leur façon.

La programmation complète, les horaires et la billetterie du festival sont réunis sur le site internet de Lillico Jeune Public.

Photo : Stevebidmead / Pixabay

Maëlle Quinquis

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Maëlle Quinquis

Née à Quimper, Maëlle Quinquis vit à Rennes depuis dix ans, dont six passés dans une agence immobilière du centre-ville. Elle écrit sur la vie quotidienne à Rennes : logement, transports, démarches, quartiers et petites habitudes locales. Ses articles partent souvent d'une question que des amis lui ont posée. Elle fait le marché des Lices presque chaque samedi.