Au Noroît et au Diapason, le 4 novembre, deux premières scènes pour des formations peu connues

Du 3 au 21 novembre 2026, la 36e édition de Jazz à l’Ouest met des duos et trios rennais à l’affiche des petites salles, avec des places gratuites ou à 4 €.

Gwendal Rouxel Par Gwendal Rouxel
4 min de lecture
Au Noroît et au Diapason, le 4 novembre, deux premières scènes pour des formations peu connues
Un groupe de musique en répétition ou sur scène, avec saxophone, basse et batterie.

En bref

  • La 36e édition de Jazz à l’Ouest se tient du 3 au 21 novembre 2026, à Rennes et dans ses environs.
  • Le mercredi 4 novembre, deux soirées à 20 h et 20 h 30 : le Noroît et le Diapason.
  • Le 18 novembre, la MJC Bréquigny enchaîne trois concerts, dont un apéritif-concert gratuit.
  • L’exposition Femmes de jazz, une autre histoire du jazz est présentée à Bréquigny en 2026.

Comment une petite salle aide-t-elle un musicien à trouver sa place ? Cette interrogation parcourt Jazz à l’Ouest, dont l’édition numéro 36 se déroule à Rennes et alentour entre le 3 et le 21 novembre 2026. Unidivers Rennes l’a explorée au fil de trois parcours, à distance des grands noms de l’affiche.

Un festival dessiné par ses lieux

La MJC Bréquigny coordonne la manifestation depuis 1990. Son site avance des chiffres que l’organisation présente elle-même, sans vérification indépendante.

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Pour la plupart, les concerts ont lieu dans des lieux dont la jauge reste inférieure à 300 places. Le programme associe salles municipales, structures associatives, université, bibliothèques et cafés : on y lit une géographie plutôt qu’un classement. Chaque lieu décide également qui pourra se faire entendre, et face à quel public.

Le 4 novembre, deux scènes, deux premières places pour l’émergence

Le même soir, deux adresses rennaises misent sur des formations moins exposées.

Lieu Heure Programme Tarifs
Le Noroît 20 h Le trio de jazz à cordes de Mathias Lévy, précédé en ouverture par le Hank Evans Trio, pour une soirée destinée à soutenir le Secours populaire d’Ille-et-Vilaine De 7,50 € à 20 €, gratuit pour les moins de 12 ans
Diapason, Université de Rennes 20 h 30 Trio Namas et la trompettiste Milena Casado Gratuit pour les étudiants, 4 € en tarif social pour certains publics, 15 € plein tarif

Bien que son intitulé évoque trois personnes, le Hank Evans Trio se réduit à un duo : Vassili Putov joue de l’alto (violon) et Valentin Bouretz tient la batterie. Leur projet, Faiblesse, met en dialogue le jazz, les écritures contemporaines et la musique répétitive, en citant Max Roach et Archie Shepp. En ouverture de soirée, ces deux musiciens jouent devant des spectateurs venus aussi pour un ensemble réputé et pour soutenir une association. Il ne s’agit pas d’un chemin direct vers une carrière, mais d’une vraie occasion de rencontre.

Le groupe Namas réunit Gaël Bourgeault (claviers), Léo Debroise (contrebasse) et Victor Dubois (batterie). Cette formation de Rennes puise dans le jazz, le hip-hop et l’électronique. Tapestry est sorti en 2022, puis Tonight a été publié le 27 mars 2026. Dans une soirée universitaire partagée avec une musicienne de renommée internationale, on mesure l’utilité d’un réseau de salles, où des notoriétés très éloignées se côtoient. Le tarif pèse autant que le programme : l’entrée gratuite pour les étudiants ouvre une porte que l’on franchit sans hésiter.

Deux chanteuses devant un micro vintage et un saxophoniste sur scène.
Des musiciens sur scène dans une ambiance de concert intimiste. Photo : Yan Krukau / Pexels

Du jazz qui passe par les Balkans et la Turquie

Gosseyn lance le festival le 3 novembre. Créé en Bretagne en 2014 par Joachim Mouflin et ses partenaires, l’ensemble se produit d’abord en matinée à l’Espace social commun Aimé Césaire, puis à 20 h à la MJC Bréquigny. L’accès est annoncé gratuit pour ces deux séances. Sa musique mêle bouzouki, guitare électrique, clarinette basse et le chant turc d’Ebru Aydin. Ce n’est pas un groupe débutant : son histoire montre qu’un réseau de diffusion suit aussi des créations qui se transforment au fil des années.

Le jazz voyage également avec la saxophoniste Marie Baudoin. Son projet Djabalka fait passer des matériaux musicaux des Balkans par l’écriture et l’improvisation jazz. Le quintette réunit Romain Cadiou au bugle et à la trompette, Éric Richard au piano, Stéphane Primault à la contrebasse et Manuel Carromero à la batterie.

Le 18 novembre à Bréquigny, une chaîne de transmission

La soirée du 18 novembre à la MJC Bréquigny montre, presque sans commentaire, le chemin qui va de l’apprentissage à la scène partagée.

  1. Concert gratuit, avec apéritif, donné par les étudiants de la classe de jazz du Conservatoire de Rennes.
  2. Marie Baudoin présente Djabalka en quintette.
  3. Le pianiste Jean-Marie Machado se produit avec son Machado Novo Trio.

La MJC évoque en outre des temps de résidence, un suivi des projets émergents et des mises en contact tout au long de l’année. Le festival ne documente ni le nombre de spectateurs qui reviendront, ni les cachets et les moyens de création accordés aux formations les moins visibles.

La place des instrumentistes femmes, un enjeu ancien

Dès 2023, Unidivers soulignait combien il restait difficile d’offrir plus de place sur scène aux musiciennes instrumentistes. L’exposition Femmes de jazz, une autre histoire du jazz, accueillie à Bréquigny en 2026, poursuit cet effort pour rendre ces artistes plus visibles.

Photo : cottonbro studio / Pexels

Gwendal Rouxel

Loisirs, vie rennaise, bars et restaurants

Gwendal Rouxel

Gwendal Rouxel a tenu pendant vingt ans une petite librairie du quartier Saint-Hélier avant de se mettre à écrire sur sa ville. Il raconte ici les sorties culturelles, les festivals, les balades au bord de la Vilaine et les coins de nature autour de Rennes. Il garde toujours un carnet dans sa poche pour noter ce qu'il voit en chemin. Le dimanche matin, on le croise souvent sur le chemin de halage, en vieille veste verte.